Réseaux sociaux: assurer sa publicité sans polluer

En tant qu’usager d’un réseau social, comme Twitter, par exemple, lorsque vous êtes harassé douze fois par jour par des messages à caractère publicitaire en provenance de la même personne, cela vous agace. Vous en venez généralement à trois solutions extrêmes, en fonction de votre caractère:

  • Vous vous clashez avec lui
  • Vous vous désabonnez de son fil/compte
  • Vous utilisez les fonctionnalités du réseau social pour le passer sous silence sans forcément vous désabonner

En tant qu’auteur —probablement autoédité— cherchant à faire connaître favorablement ses ouvrages, chacune de ces trois solutions est particulièrement néfaste. Il est donc important pour vous de respecter vos abonnés, si vous souhaitez avoir une chance d’être lu ou découvert.

Oui, les respecter. C’est en vérité la seule chose que vous ayez à faire, surtout si vous attendez du respect (de la reconnaissance, de la notoriété…) en retour.

Après quelques errances, maladresses et une présence en ligne parfois contre-productive,  je partage aujourd’hui avec vous mes conclusions (et encore: provisoires, comme il se doit) en la matière.

1. Première règle: engagez-vous!

L’engagement est un point important, et une erreur apparemment très commune de la part d’auteurs qui n’assurent qu’une présence fantomatique (ou automatisée) sur les réseaux, se contentant de distribuer des liens vers leurs ouvrages sur Amazon, Kobo ou autre.

Passée l’effervescence d’un lancement, la mayonnaise va très vite retomber, les Fav, les Like, les RT et les partages vont littéralement s’effondrer. Si vous n’êtes vous-même pas investi auprès de vos abonnés, vous ne pouvez pas compter sur leur investissement auprès de vous. L’engagement doit être réciproque, sinon votre auditoire va s’effriter.

Bref, n’hésitez pas à relayer les articles ou les messages pertinents. Oui, y compris ceux des « concurrents » car, comme vous finirez par le comprendre un jour, la solidarité entre auteurs apporte plus que le dénigrement.

Capture du 2015-07-20 09:05:12-Ex_RT

N’oubliez donc pas de Fav, Like ou +1 ceux qui vous ont fait sourire, étaient originaux, ou avec lesquels vous êtes en accord.

2. Deuxième règle: ne croyez pas les communautés à votre service

Quand on a la grosse tête et que l’on est persuadé de son génie, il est facile de s’imaginer au centre de la communauté. Il est normal de chercher à fédérer vos lecteurs autour de vos œuvres. Il est en revanche présomptueux de penser que vous êtes le centre de gravité exclusif de leur vie. Bref, respecter les us et coutumes des communautés auxquelles vous appartenez sans chercher à imposer les vôtres.

2.1 Soyez courtois

Par exemple, sur Twitter, il est d’usage de souhaiter la bienvenue à un nouvel abonné, bien que cet usage semble en perte de vitesse. Certains auteurs se montrent inventifs et innovants à chaque salutation. D’autres, plus fainéants, s’en remettent à un message de bienvenue automatiquement expédié par des applications Web tierce, comme unfollowers. C’était mon cas jusqu’à lecture des commentaires à ce billet.

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2.2 Soyez actifs

Si vous êtes un auteur, une bonne façon de vous faire connaître est de participer aux #VendrediLecture. Il s’agit simplement de citer votre lecture du moment. Grâce à la régularité de votre participation, des usagers de Twitter vont relayer vos messages. Par propagation hors de vos cercles habituels, de nouveaux usagers vont s’intéresser à vous et, in fine, à vos écrits. C’est une façon très sensée de construire une base d’abonnés réellement intéressés par vos écrits.

Capture du 2015-07-20 09:07:35-Ex_VendrediLecture

Bien sûr, je cite la communauté de #VendrediLecture, mais les #NanoCamp, les #NaNoWriMo et autres communautés en ligne présentent chacune leurs opportunités, de même que #lundiblogs lorsqu’il s’agit de faire connaître un article généraliste.

2.3 Soyez fan!

Une autre coutume, sur Twitter, c’est de citer des individus pour des #FF. Anciennement, le Friday Follow était une invitation à faire découvrir des individus que vous aimez bien, qui sont intéressants, ou que vous tenez à remercier pour un service ou l’autre. En français, le Friday Follow est devenu Fidèlement Fan, utilisable de facto les autres jours de la semaine.

Capture du 2015-07-20 09:10:12-Ex_FF

Ce sont d’excellents moyens d’augmenter votre visibilité de façon constructive sans pour autant jouer des coudes, s’imposer, ou matraquer tout le monde sous vos messages publicitaires. Et n’oubliez pas de répondre courtoisement aux personnes qui vous citent également en #FF!

3. Troisième règle: programmer vos interventions

Hein, quoi? Programmer un tweet? Mais quelle drôle d’idée.

Pourtant, cela a du sens, et c’est la partie la plus intéressante de cet article. Si vous avez l’habitude de matraquer à tort et à travers des messages publicitaires, vous allez engendrer lassitude et frustration. Les abonnés vont vous fuir, votre visibilité va diminuer.

En programmant vos tweets à l’avance (sur quelques jours, idéalement, à la semaine), vous pouvez d’une part vous assurer une présence régulière sur les réseaux (même pendant vos heures de bureau, la nuit, ou vos congés) mais surtout vous assurer qu’elle est soigneusement dosée et proportionnée.

Pour ma part, j’utilise l’excellente application web de Clocktweets (j’ai la chance de participer à la version bêta de leur nouvelle version, qui permet notamment l’insertion d’images).

Capture du 2015-07-20 09:12:02-Ex_Clocktweets

3.1 Que programmer?

Évitez de toujours programmer les mêmes tweets: soyez créatif, inventif, surprenez vos abonnés. Rien ne vous empêchera, toutefois, de recycler vos meilleurs tweets ultérieurement.

Pour ma part, je programme:

  • des tweets pointant vers la page consacrée à chacun de mes ouvrages, sur mon site d’auteur;
  • des tweets pointant sur ma page statique Publication (cf le menu de ce site) où sont recensés tous mes (trop peu nombreux) ouvrages;
  • des tweets pointant sur chacune des chroniques (bonnes comme mauvaises) à propos de mes ouvrages, avec une citation tirée de celles-ci, résumant l’opinion du chroniqueur (sans trop l’enjoliver);
  • ma #VendrediLecture (je suis souvent au travail, lorsqu’il est « l’heure » de la signaler;
  • mes #FF, en fonction des événements de la semaine sur Twitter. Souvent, je fais honneur aux personnes qui m’ont fait rire, ont RT ou Fav mes propres Tweets, se sont enthousiasmés pour mes écrits, etc.;
  • mes articles de blogs les plus intéressants.

3.2 Quand et à quelle fréquence?

Si l’on en croit l’Infographie: à quelle heure poster sur Twitter et Facebook, les meilleurs jours et horaires pour être lu, sur Twitter, sont:

  • juste avant midi et autour de 17:00
  • le mercredi et les week-ends

infographie-twitter

Quant aux liens, la même étude révèle que la publication de quatre d’entre eux par heure est un maximum, car au-delà les chances que le tweet génère un clic sont quasi nulles. La plupart du temps, elles s’effondrent dès le deuxième lien.

Il parait donc logique de réserver ces jours et horaires là pour glisser un tweet à caractère publicitaire (voire plus, à vos risques et périls s’ils ne sont pas assez diversifiés).

Il existe également un outil en ligne, nommé Tweriod, qui se charge d’analyser les moments où votre auditoire personnel est le plus attentif. Il décompose les horaires en deux catégories, et corrèle partiellement l’infographie précédente. Pour moi, cela donne:

Capture du 2015-07-21 07:32:02-tweriod-01

L’étude des différents onglets révèle des information assez intéressantes. Ainsi, mes tweets sont les plus exposés:

  • Les week-ends: entre 14:00 et 15:00, puis entre 16:00 et 18:00
  • Les dimanche: entre 16:00 et 17:00, entre 18:00 et 19:00 et enfin entre 21:00 et 22:00
  • Les Lundi: entre 16:00 et 18:00, puis entre 21:00 et 22:00
  • Le reste de la semaine: entre 17:00 et 19:00, puis entre 21:00 et 22:00

De façon générale, mes abonnés sont surtout en ligne:

  • Les week-ends: entre 10:00 et 22:00
  • Les dimanche: entre 10:00 et 23:00
  • Les Lundi: entre 09:00 et 22:00
  • Le reste de la semaine: entre 10:00 et 23:00

3.3 Avec ou sans lien, et/ou image?

Poster un simple lien, sans texte d’accompagnement, est totalement suicidaire. Seuls les plus désœuvrés cliqueront dessus pour le suivre, si l’interface (client Web, Tweetdeck, Hothot, etc.) ne propose pas de prévisualisation de lien.

Un texte seul est très bien, mais nécessite parfois un effort pour être lu, si le message est dense ou mal aéré.

Les images, en revanche, présentent le plus souvent de meilleurs taux d’engagement de la part de vos abonnés si elles sont plutôt jolies et/ou bien réalisées. Attention toutefois, en fonction de l’interface de prévisualisation, l’image pourrait apparaître tronquée dans le fil de vos abonnés, et ils devront souvent cliquer dessus pour l’agrandir. Sa composition doit donc en révéler suffisamment pour que l’auditoire ait envie de l’afficher en entier.

Et les vidéos, me demanderez-vous? Cela dépend des usages de chacun. Des GIF animés sont parfois vécus comme de la torture pure et simple par certains abonnés (Safari sous Mac Os X, par exemple, les digère avec difficultés dans le client Web), tandis que des vidéos Vine peuvent demander trop de bande-passante aux « usagers mobiles » de Twitter.

4. Quatrième règle: évaluer l’impact de ses campagnes

Bien évidemment, tous vos efforts sont vains s’ils ne sont pas suivis d’effets. Attention, nous parlons ici d’effets sur le long terme, ce qui est plus difficile à apprécier. Quelques outils sont toutefois utiles pour essayer de mesurer l’impact de cette publicité.

4.1 Évolution de ses abonnés

Personellement, j’utilise l’application Web Unfollowers.com. Elle vous permet de filtrer les personnes qui vous ont récemment suivies, ou récemment désabonnées. Garder un œil sur cet indicateur permet rapidement de savoir si vos efforts sont récompensés (des RT réguliers drainent de nouveaux abonnés) ou agacent.

Capture du 2015-07-20 08:31:02-unfollowers

4.2 Suivi des ventes

Si vous êtes auto-édité, vous avez très certainement un contrôle direct de vos ventes. Toutes les plateformes (Amazon, Kobo, Draft2Design, etc.) proposent des outils de suivi. Vous pouvez ainsi mesurer directement l’impact de vos campagnes sur vos ventes.

Si vous avez plusieurs canaux de distribution pour un même produit, n’hésitez pas à utiliser un tableur (LibreOffice Calc, Microsoft Exel, etc.) pour faire un suivi multi-canal de vos ventes.

Pour ma part, je surveille ainsi quasi quotidiennement les chiffres de Spores. Je constate avec plaisir que les achats, qui étaient devenus rares pour un produit âgé d’un an, sont toujours faibles mais bénéficient d’un regain de régularité, depuis que j’ai adopté ce modèle de promotion discrète mais régulière.

4.3 Mesure de sa notoriété en ligne

Vous souhaitez connaître votre « popularité » en ligne, et la mesurer à des confrères ou des modèles? Une seule solution: l’application Web Klout!

Bon, je vais être honnête: je n’aime pas du tout.

Je trouve que le niveau d’influence (que l’on peut considérer comme une mesure absolue) indiqué par klout est totalement surévalué pour peu que vous publiez régulièrement sur les réseaux sociaux et que vous glaniez, de temps à autres, quelques relais.

Capture du 2015-07-20 08:46:49-klout

Si vous considérez ce score, en revanche, comme une mesure relative, vous obtenez un précieux indicateur de votre activité sociale: êtes-vous en perte de vitesse ou en progression? Cela vous permet notamment de déterminer si vous avez « besoin » de raffermir votre présence en ligne (de préférence par des interventions pertinentes et pas au-travers de tweets automatisés), car c’est de celle-ci que dépend votre visibilité.

Autre intérêt: klout recense vos meilleurs tweets, et leur donne une note de 1 à 5 en fonction de l’engagement suscité par votre auditoire. Cela vous permet de mesurer plus finement ce qui a plu ou laissé indifférent vos abonnés. C’est ainsi que je constate, personnellement, que les tournées de #FF et de #VendrediLecture contribuent appréciablement à ma visibilité.

5. Conclusions

Cet article ne répond certainement pas à toutes vos interrogations. Mais j’espère qu’il vous aidera à faire la promotion de vos ouvrages auto-édités sans pour autant tomber dans les plus mauvais travers du matraquage publicitaire que nous détestons tous.

N’hésitez pas à partager votre propre expérience dans les commentaires, ou à relayer le lien de cet article sur vos réseaux sociaux 😉 car, oui, partager ses trucs et astuces, plutôt que de les garder jalousement pour soi, est également une bonne façon de gagner en visibilité et d’être reconnu par ses pairs 😉

Mises à jour:

  • 21/07/2015: §2.1 fin de bienvenue auto, §2.2 ajout de #lundiblogs, §3.1 ajout articles de blog, §3.2 horaires suggérés par Tweriod
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5 réflexions sur “Réseaux sociaux: assurer sa publicité sans polluer

  1. Je me permets d’exprimer mon avis de lectrice… 😉

    De tous les outils que tu évoques, c’est l’automatisation des tweets de bienvenue qui m’inspire le plus de méfiance.
    Ça n’engage évidemment que moi, mais si je choisis de m’abonner à un auteur sur Twitter, c’est pour garder un œil sur ses parutions et éventuellement lui faire part de mon enthousiasme pour son travail, pas forcément pour interagir avec lui tout de suite. Une relation, même virtuelle, ça se construit et ça prend du temps. Recevoir un message automatique de type « Bienvenue + lien vers œuvres » à peine 5 minutes après m’être abonnée, ça me donne un peu l’impression d’entrer dans une boutique et de me faire sauter dessus par une vendeuse qui chercherait à me refourguer tout un tas de vêtements à essayer, sans me laisser ni le temps de faire un tour, ni de me faire ma propre idée.

    Cela dit, je sais bien qu’on ne peut pas entrer en contact individuellement avec tout le monde et qu’entretenir une présence sur les réseaux sociaux, ça prend beaucoup de temps… mais je pense qu’il y a d’autres façons d’interagir avec ses abonnés, et ce de manière un peu moins invasive. 🙂 (Ce que ton article décrit d’ailleurs très bien !)

    Pour finir, concernant la question « Quand poster sur Twitter ? », est-ce que tu as entendu parler de Tweriod ? C’est un outil qui passe en revue les tweets de tes abonnés et qui détermine à quel moment la majorité d’entre eux est connectée.

    • Merci pour ton commentaire!

      Je ne suis pas très fan non plus du message de bienvenue automatique, d’autant plus que le client Unfollowers ne me permet pas exactement ce que je voudrais. Je continue à expérimenter avec, mais je suis à deux doigts de désactiver la fonction de bievenue auto. Du moins, j’y réfléchis.

      Tweriod? Non, je ne connais pas! Je vais expérimenter de ce pas, et mettre à jour prochainement, en fonction de cette expérience! Merci 🙂

  2. Bon article, Olivier. Je suis un peu près les mêmes codes et utilise les mêmes outils. Je préfère Tweetdeck à Hootsuit. Pour la question quand poster sur Twitter, je pense qu’il est préférable d’étudier ses retweets pour connaître le meilleur moment de twitter. En expérimentant, j’ai conclu en ce qui concerne mes livres, des horaires bien différents des meilleurs jours et heures proposés. Ça vaut le coup d’y passer un peu de temps et de repérer selon ses followers et les livres que l’on écrit. J’ajouterai une chose le nombre de tweets que l’on fait ou programme doit être proportionnel au nombre de followers que l’on a ! Tout comme Émilie, je ne fais pas de Bienvenue automatisée. Je vais me remettre à mentionner #Vendredilecture, je le faisais, il y a quelques années. Merci pour ce rappel.

  3. Suite aux conseils d’Émilie, je suis parti essayer Tweriod. Il confirme l’horaire de 18:00 comme étant optimal, sur la base des habitudes de mes propres abonnés. Il semblerait que les miens soient plus couche-tard que la moyenne 😉
    Et j’ai stoppé les bienvenues automatiques avec un lien dedans.
    J’ai mis l’article à jour en fonction.
    N’hésitez pas à me faire part de vos propres expériences, les autres lecteurs!

  4. Merci beaucoup pour cet article, très intéressant ! Je vais le partager sur la page d’ « Autoédition : à vous de jouer » car je ferais bien de m’en servir : si je suis assez active sur FB, j’avoue avoir beaucoup de mal sur Twitter. Alors que les fois où j’ai bien « joué le jeu », j’ai eu de bons retours…
    Mais l’inconvénient des réseaux sociaux c’est tout ce temps qu’ils semblent magiquement faire disparaître dès qu’on s’y connecte… :-p

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